Le Petit Laboratoire

Pénélope Bagieu @ Hôtel Henriette

Au mois de janvier, les Editions Delcourt m’ont commandé un portrait de Pénélope Bagieu. Alors moi, j’étais super contente.

Déjà parce que j’aime ce que fait Pénélope, et que j’ai beaucoup d’estime pour la tournure engagée qu’a pris sa carrière. Que ce soient ses engagements féministes, ou ceux contre la précarité des auteur•rice•s, j’adhère à fond et je suis contente que sa visibilité donne une voix à ses causes.

Ensuite, parce que j’aime beaucoup Pénélope en tant que personne.

Et enfin, parce que la nostalgique en moi se souvient que c’est l’une des premières autrices à m’avoir commandé des portraits, il y a SUPER LONGTEMPS. (Août 2008, me susurrent mes archives. J’ai les images sous les yeux au moment où j’écris cette ligne, et la vache, mon style a bien évolué en dix ans…)

Bref, maintenant que je vous ai proposé ce plan en 3 parties de « Pourquoi j’étais contente d’aller faire ces photos », j’y rajoute une quatrième composante : la sortie du cadre.
Souvent, le portrait d’auteur est un exercice ultra normé : on cadre en plan américain voire plus serré, il faut que l’auteur•rice regarde l’objectif, soit à peu près souriant•e, le décor ne doit pas trop se faire sentir, la lumière doit être bien diffuse et pas trop dessinée… Bref, la liste des cases à cocher est longue. Et ce n’est pas facile de réunir toutes ces composantes, quand on photographie des personnes pas forcément habituées dans des lieux pas forcément adaptés.

Cette fois, le brief était différent : l’attachée de presse me commande une photo plus sophistiquée : en pied ou presque, posée, presque mise en scène, élégante… Et surtout, j’ai à disposition un lieu à la déco vraiment cool, à savoir l’Hôtel Henriette.

Quand j’arrive sur place, je suis complètement survoltée et j’ai envie de faire plein de photos partout tout le temps toute la vie. Je calme mon instinct de chien fou assez difficilement, et je suis Pénélope jusqu’au couloir qui mène à sa chambre.

Là, le papier peint un peu bizarre et un peu texturé, mêlé à une moquette qui ne dépareillerait pas dans Twin Peaks, me séduit déjà. Je mets en place mon flash cobra + bol beauté + grille nid d’abeille, et je shoote une première image.

C’est un échauffement, sûrement un peu trop sombre pour ce qu’on attend de moi. Mais ça me fait plaisir et ça calme un peu mon enfant intérieur qui saute dans tous les sens.
Pénélope me propose de shooter 2-3 images dans sa chambre, qui est super jolie. Il y a des fleurs séchées, une fenêtre, des rideaux jaunes… Bref, j’aime bien. Et en plus Pénélope porte des baskets à scratch et je trouve ça violemment cool. C’est l’occasion de faire quelques vues en pied.

Je tente deux-trois angles différents (dont un que j’aime beaucoup, mais l’image ne sera finalement pas retenue, donc je ne peux pas la montrer ici !), mais je n’arrive pas à m’enlever la déco du hall de la tête. 

Direction le rez-de-chaussée. Jusque là, je ne m’étais pas autorisée à y shooter, parce qu’une camionnette garée derrière la vitrine risquait de tout photobomber. Joie, hosannah, elle est partie entre temps. J’avise les grosses lampes, presque ovniesques, qui dispensent une lumière toute orangée. Si je compense sur mon appareil, ça bleute la lumière extérieure du même coup. Ça me plaît bien, cette ambiance crépusculaire (alors qu’en vrai il est 15h, quelle triche), donc zou.

Pénélope immortalise l’envers du décor pour son instagram, et on découvre la très bonne raison pour laquelle je suis toujours du côté planqué de l’appareil :

© Pénélope Bagieu // Merci à ma prestance de veau malade.

Bref, à partir de là, j’avise un miroir que j’avais repéré, mais que la camionnette avait rendu inshootable aussi (ouais je viens d’inventer un mot). Petit coup de flash face à Pénélope (qui fait super bien semblant que ça ne fait pas mal aux yeux). Je suis contente, parce que du coup ça met carrément en valeur sa crinière de feu.

Et enfin, last but not least, on se dirige vers la très jolie verrière, sur laquelle je lorgne depuis le début mais que je m’étais gardée pour la fin.

C’est vraiment les vacances, d’un coup, puisque la lumière se gère super facilement : on a une grande arrivée de lumière naturelle par l’arrière et le haut, mais le contrejour se gère facilement parce qu’il fait grisouille. Je compense avec un tout petit peu de réflecteur argenté pour rapporter un peu de lumière par le bas, et pis voilà.

Je suis aussi super contente de cette grosse étoile en loupiottes, dont le joli bokeh finit bien l’image, et qui évite un peu le côté « coucou, il pleut ». C’est d’ailleurs cette image qui sera finalement retenue par Delcourt :   Quand je shoote l’image, je me doute que ce sera la bonne. Mais pour le plaisir, on fait encore quelques essais de pose assise (notamment pour mettre en valeur ces super baskets à scratch). Après 45 minutes, la séance touche à sa fin, et je crois qu’on est toutes les deux contentes.

On se fait une dernière image en mettant à profit la lumière de la verrière. Je l’aime bien aussi finalement, parce que les tons dorés donnent une atmosphère différente, moins fraîche mais plus sereine, posée. Je l’imaginerais bien pour illustrer une super citation genre « ce livre, c’est l’album de la maturité » ou encore « La perspective Hegelienne m’a amenée à reconsidérer ma façon de faire de la bande dessinée ».

Hum voilà pardon pour les divagations, on refait un point « Portraits de Pénélope » dans 10 ans ? 🙂

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Cette entrée a été publiée le 22 février 2018 à 3:30 . Elle est classée dans Commandes, Expérimentations techniques, Portraits et taguée , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

3 réflexions sur “Pénélope Bagieu @ Hôtel Henriette

  1. Merci Chloe pour ce behind the scene avec le supplement behind the skull. Tres intéressant de suivre le processus de creation au fil de la journee et avec humour. Tres beaux portraits! Au plaisir de suivre d’autres aventures photographiques!

  2. Je trouve que Pénélope a super bien respecté le brief pour ton portrait : en pied ou presque, posée, presque mise en scène, élégante !
    En tout cas, quelle aventuuure… c’est chouette que tu nous la raconte ! =)

  3. Pingback: 12 mois, 12 photos : 2018 en images | Le Petit Laboratoire

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