Le Petit Laboratoire

12 mois, 12 photos : 2017 en images

Tous les ans depuis 2011, je fais mon bilan de l’année, en choisissant une photo par mois. J’obtiens à peu près toujours un résultat très emblématique de ce qui s’est passé.

Cette année, c’était un peu compliqué pour moi, et plein de paradoxes. J’ai frôlé le burn-out – comme souvent, mais là encore plus. D’ailleurs, je crois même que j’ai mis un pied dedans. Et en même temps, je n’ai jamais été aussi épanouie dans ma vie personnelle et professionnelle.

J’ai eu tout un tas de commandes passionnantes, j’ai rencontré des gens merveilleux, j’ai tant ri et tant pleuré (de joie !) avec les marié•e•s qui m’ont engagée. J’ai vécu des choses fortes et belles, des condensés de vie complètement dingues. Souvent, je me suis dit que j’étais drôlement chanceuse de mener cette vie-là. Je crois même que c’est pour ça que je fais ce métier : pour vivre fort, et en garder la trace.

Et pourtant j’ai douté, énormément. De moi, de mon avenir, de ma capacité à progresser encore, à me dépasser, à être fière de moi. J’ai eu des regrets, de ne (presque) plus prendre de photos au quotidien hors de mes commandes, surtout. Et en même temps, j’ai eu du trop-plein de travail, du genre qui fait peur. Mais aussi de véritables épiphanies lors de shootings de commande…

Et à quelques heures de 2018, j’essaie de me dire que c’est ok. Que tanguer, ça fait partie d’une recherche d’équilibre. Que l’insatisfaction chronique, c’est la voie de l’amélioration. Et que finalement, tout ça, c’est peut-être une histoire de mue. De mue un peu lente, parfois un peu douloureuse, parfois magnifique, mais qui annonce quelque chose. Il suffit d’être patiente.

 

Les récapitulatifs des années précédentes :

2011

2012

2013

2014

2015

2016

 

Janvier : Le début de l’année, et un milliard de micro-révolutions pour moi. Je prends la décision de soigner des problèmes qui n’ont que trop attendu. J’enchaîne les consultations chez les médecins, dans l’espoir de me remettre complètement d’aplomb pendant la saison creuse : je ne sais pas que je m’engage dans un processus qui durera bien plus d’un hiver… Mais tout de même, j’en profite pour m’auto-proclamer Mother of the Plastic Dinosaurs.

Février : Je pars quelques jours en workshop collaboratif avec quatre autres photographes : Caroline Dubois (à gauche), Marion Dunyach (au milieu), Rebecca Vaughan-Cosquéric (à droite) et Gabrielle Malewski qui, pour une obscure raison (peut-être parce qu’elle était en train de shooter nos modèles) n’est pas sur la photo. J’en ressors bouleversée au-delà de tout ce que j’avais imaginé (d’ailleurs, j’en ai fait le compte-rendu ici). Pleine d’envie de faire mieux, de faire plus, et surtout avec la sensation d’avoir gagné dans l’histoire une consœurie (c’est comme une confrérie mais en version meufs). Depuis, nous échangeons quotidiennement toutes les 5, et le lien qui s’est créé ne s’est pas dé-serré à un seul moment.

Mars :  Au retour du workshop, je suis super déterminée à améliorer tout ce que je peux, et à faire peau neuve dans mon travail.  Je refais mon portfolio mariages (ce qui me prend une éternité et que je dois encore faire pour la saison 2017) et je me fends d’une nouvelle photo pro officielle. Avec des dinosaures et des chaussettes à paillettes, quand même.

Avril : Je reçois coup sur coup deux mails d’anciennes mariées qui me racontent l’importance qu’ont prise certaines de mes photos depuis qu’elles ont perdu des proches (qui étaient présents à leur mariage). Je suis profondément touchée, et je comprends d’un coup à quel point mon métier peut être important pour les gens. Le bouleversement dure plusieurs jours. Et je décide finalement d’aller dans mes Vosges natales pour proposer à mes grands-parents (94 ans) une séance photo en amoureux, dans les bois. Ils se prêtent à l’exercice avec plaisir, et de mon côté je me demande pourquoi je n’ai pas fait ça plus tôt ! Ils sont beaux et débordent d’amour… De mon côté, je suis très émue, et reconnectée à quelque chose d’essentiel.

Mai : La saison des mariages a commencé depuis fin avril, mon rythme de travail passe à 80h/semaine en moyenne. Au milieu de tout ça, je reçois une commande aussi inattendue que touchante, et à laquelle je ne peux certainement pas dire non ! Elle émane de Kate, qui était l’assistante de ma prof d’anglais de 5e (ouais). Elle, jeune femme arrivée tout droit de l’Ohio, et moi, petite vosgienne biberonnée à Harry Potter, nous étions liées à l’époque d’une amitié très particulière. Plus de quinze ans plus tard, elle m’a donc recontactée : elle habitait désormais en France avec ses 5 (!) enfants et son mari, mais prévoyait de déménager sous peu. Elle me proposait donc d’immortaliser, sous une forme moitié reportage moitié portraits, leur vie dans une petite ville française. Je les ai suivis une journée dans les lieux de leur quotidien, avec une liberté totale. J’ai adoré exprimer, d’une façon très brute et très intuitive, les moments de vie de cette famille américaine en France, avec un langage universel, qui se passe de mots ou d’explications… Et surtout, j’ai adoré retrouver Kate inchangée, et notre amitié intacte, après tant d’années et de péripéties dans nos deux existences.

Juin : C’est la canicule à Paris, je bosse tant bien que mal dans la fournaise qu’est mon appartement, et je suis sur les routes tous les week-ends pour aller bosser. Les éditions Dupuis me commandent une longue séance photo pour la sortie du nouveau Largo Winch, avec les auteurs. On shoote tout un après-midi durant aux Magasins Généraux de BETC, un lieu complètement hallucinant. Là aussi, carte blanche absolue, je sors les flashs, je mets en scène tout comme je le désire, je varie les grosseurs de plans, les cadrages, les angles, les ambiances… et je ressors de cette séance avec l’envie de renouveler l’expérience dès que possible.

Juillet : C’est un peu mon mois « tour de France » ! Des commandes à la pelle à Paris pendant la semaine, et tous les week-ends, une destination différente pour shooter des mariages super cools  : Saintes (Charente), Belle-Ile en Mer (Morbihan), Bar-le-duc (Meuse), Avignon (Provence), Vendôme (Loir-et-Cher)… Parfois entrecoupés de passage à Quimper (Finistère). Autant dire que je connais par leurs prénoms et tutoie tous les contrôleurs sncf de France (non bon d’accord). Ce qui est chouette, en revanche, c’est que tout est beau et enthousiasmant, et que cette multitude de voyages – bien qu’épuisante – me donne l’impression de vivre en condensé toute une vie d’aventure.

Août : Sans surprise, c’est toujours la saison des mariages à fond les ballons, et c’est toujours cool, et c’est toujours fatigant ! S’y ajoute une commande bien motivante et qui me donne de nouveaux défis à relever : entre deux mariages, en semaine, je me rends dans la région de Royan pour deux jours. Je me retrouve en immersion dans un camping 5 étoiles pour les clubs Amac, avec pour mission de shooter une multitude d’images qui servira à leur communication… De vraies photos avec des vrais clients, donc, qu’il faut débusquer, apprivoiser, et à qui je dois surtout faire passer un bon moment. Je ne ménage pas ma peine et j’ai peine à croire que je n’y passe que 2 jours, tant je fais et vois de choses différentes. Pour la première fois, je shoote également en piscine, à demi à l’aveugle sous l’eau, et ça me plaît bien. Une partie du résultat est visible ici.

Septembre : C’est la dernière ligne droite pour les mariages : le planning deviendra moins dense dès octobre. Toute fin septembre, j’ai le plaisir de shooter le mariage de mes amis M & F : j’ai peu de mariages autour de moi, alors je profite de celui-ci à fond, et je suis si contente de l’immortaliser.

Octobre : Le rythme redescend lentement. Les commandes continuent d’arriver, mais ce n’est plus l’urgence permanente. Je bosse au Festival Quai des Bulles de St Malo, où j’enchaîne les séances de portraits. Malgré ça je prends le temps de marcher sur la plage, d’admirer les brise-lames, de sentir le vent iodé… Et surtout, je profite de mon amoureux qui est avec moi. C’est la première fois que je m’autorise à souffler depuis des mois.  Même si j’ai aimé chaque moment de ma grande saison des mariages, c’est une respiration bienvenue, qui arrive au bon moment.

Novembre : Et voilà, c’est le mois des vacances ! Je pars trois semaines avec mon amoureux au Japon, en road-trip. Tokyo-Kyoto-Obama-Kanazawa-Takayama-Tokyo. Nous profitons de chaque seconde ensemble et inondons instagram de photos cools. Je ne peux m’empêcher de shooter un peu au reflex quand même, et j’en garde quelques images pour mon site. (J’ai même fait un calendrier de l’avent du Japon, avec des petits textes, sur ma page facebook). Je me ressource à fond, et je m’habitue à vivre l’émerveillement à chaque coin de rue.

Décembre :  Je m’attendais à ce que le mois de décembre soit calme, mais ce n’est pas le cas, et tant mieux ! Je fais la connaissance de Franck, chez Adobe, qui me propose de faire un live/master class sur leur chaîne youTube ! Mon syndrome de l’imposteur danse la carioca, mais j’accepte, et je passe finalement une journée complètement incroyable ! Hop, le résultat est là. Je me rends compte au passage que j’adore vulgariser, expliquer, montrer des astuces côté photo. Pour faire un peu de matière autour du live en lui-même, je shoote quelques nouvelles images pour ma série Souvenirs de Paris (dont la photo ci-dessus)… Ainsi qu’une séance de couple avec Audrey & Aurélien, danseurs de swing complètement trop forts et trop mignons, et que j’aurai la chance de compter parmi mes clients l’année prochaine. Cette expérience me permet de clôturer l’année sur une note super positive, je suis si impatiente de voir ce que me réserve 2018…

 

Allez hop, plein de chouettes choses à tou•te•s pour les temps à venir, et on se retrouve dans un an ! (non, je plaisante, je ferai d’autres posts avant) (normalement)

Cette entrée a été publiée le 31 décembre 2017 à 7:04 . Elle est classée dans "Digression / - Gression !", Commandes, Dans la rue, Expérimentations techniques, Fonds de tiroir, Les feux de la rampe, Mariages, Portraits, Sur les routes et taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

2 réflexions sur “12 mois, 12 photos : 2017 en images

  1. Le , luludallas33 a dit:

    Une année bien remplie ! C’est un contact très intime d’offrir aux gens une représentation d’eux même, ça doit effectivement demander beaucoup d’énergie et faire ressentir les sentiments de manière très forte.
    Meilleurs vœux pour 2018, et surtout pleins de beaux moments intenses !

  2. Pingback: 12 mois, 12 photos : 2018 en images | Le Petit Laboratoire

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