Le Petit Laboratoire

Workshop Martine à la Neige : Les yeux aux aguets (à la mairie, dans la forêt) (jour 2)

Au mois de février, je suis partie 5 jours en Haute-Savoie avec 4 amies photographes, dans le but de faire des photos, de parler de notre métier et d’acheter énormément de fromage.

Nous avons organisé notre propre workshop collaboratif, sans hiérarchie, en décidant que nous avions chacune des choses différentes à apporter aux unes et aux autres. Cette expérience a été tellement bouleversante que j’ai décidé de faire une série de posts pour vous raconter tout ça. Le pourquoi du comment, nos cheminements, notre organisation, nos émotions… Et surtout, pour vous montrer des photos.

Ce troisième post parle de l’importance de regarder autour de soi, pour tirer le meilleur de son environnement.

Une question de réflexes (lol mdr ptdr)

Au matin du 2e jour, c’est l’heure de se projeter. Quand on shoote un mariage, on a toujours ses automatismes, ses réflexes bien à soi dont on sait que – normalement – ils donneront un résultat satisfaisant. En mode reportage, on n’a clairement pas le temps d’expérimenter : la pression et l’urgence sont trop grandes, il faut avant tout être efficace.


Marion et Caroline ont trouvé leur propre réponse à cette pression et à cette urgence. Bon, d’accord.

Le matin du 2e jour visait à explorer d’autres options, libérées de l’obligation de résultat, et à dé-construire des évidences pour enrichir notre manière de faire.

Mariage pour toutes

Nous voilà donc parties pour un petit entraînement dans la mairie de St Gervais (merci F. !), dans la salle des mariages s’il vous plaît. On commence par une brève entrevue avec le maire (merci à lui, aussi) qui nous a permis de poser toutes les questions qu’on n’a jamais l’occasion de poser (« Sérieusement ? On vous dérange jamais, quand on s’accroupit à deux centimètres de vous pour prendre une photo, par exemple ? ») (apparemment non).

Quand soudain, Rebecca envisage une carrière politique.

Une fois seules, chacune montre où elle se serait placée instinctivement pour l’entrée des marié•e•s, moment critique : important, mais pas toujours très photogénique. Et là, première surprise : tout le monde n’a pas la même façon de procéder.
Personnellement, je suis une grande adepte du moonwalk à reculons ; ce qui, vu mon niveau d’habileté, relève de l’inconscience la plus totale (mais j’ai une assurance responsabilité civile professionnelle) (du coup ça va) (enfin je crois) (don’t try this at home, kids).

#actorstudio

Caroline me montre son option à elle, un peu plus tranquille, en diagonale et armée d’un zoom. Ultra pratique quand on n’a pas super envie de s’éclater le coccyx sur le parquet.
On teste les solutions des unes et des autres, dans une ambiance très mariage pour toutes.

L’avantage du zoom est qu’après on peut dézoomer, et ça rend classe aussi. Notons que je suis à moitié affalée sur la table.

Une fois qu’on a bien rigolé et que des couples durables se sont formés (non), on teste les autres points critiques. Le moment de la signature des registres, par exemple, qui demande généralement d’être ultra rapide, de ne pas gêner les « spectateurs », de faire la mise au point immédiatement sur un sujet nerveux qui s’agite… et d’obtenir un regard vers l’objectif. Ben oui, ça a l’air de rien comme ça, mais en fait ça peut provoquer deux ou trois sueurs froides. En tout cas, sans surprise, je suis adepte de la posture incongrue – c’est-à-dire accroupie dans un équilibre instable.

Changement d’épouse pour Caroline. Eh ouais, c’est comme ça.

La conversation technique sur ce sujet dérive vers une conversation plus… « éthique ». Dans quelle mesure a-t-on le droit de diriger les témoins, de se faire remarquer d’eux ? À partir d’où commence-t-on à trop empiéter sur ce qui est en train de se passer ? (Déso, j’ai pas la réponse exacte, à part « il faut trouver un entre deux »).

Par exemple, là, est-ce qu’on dit à l’invitée au deuxième plan que ouais non en fait bof ?

Le fait est que nous avons une obligation de résultat, avec une grosse pression sur nos épaules. Ne pas oser dire « Attends, prends encore une minute » à un marié trop rapide sur la signature, c’est s’exposer à rater une photo importante. Et en même temps, personne n’a envie qu’on se souvienne de lui/elle comme « le•a photographe super relou ». Difficile difficile.

#tempêtesousuncrâne

On en profite ensuite pour tester quelques images qu’on aurait faites naturellement si on avait shooté un mariage dans cette mairie (un mariage entre 4 ou 5 photographes qui changent de siège selon les besoins des photos, oui, bon, certes). Bon, il faut avouer que cette salle des mariages, c’est du pain béni. La lumière est ultra intéressante (fenêtres partout, tout ça), les boiseries sont magnifiques, même le plafond me plaît…

Le seul vrai défi, ce sont les contre-jours majeurs quels que soit le point de vue d’où l’on se place. C’est une situation que j’ai déjà rencontrée plusieurs fois dans des mairies, et ce n’est pas toujours confortable. Shooter au flash pourrait résoudre le problème, mais dans la mesure du  possible, j’évite pour ne pas déranger les marié•e•s dans un moment aussi crucial…

On prend donc le temps de faire deux ou trois tests… Mais finalement, les contres sont toujours compensés par les autres fenêtres juste en face, du coup j’enrage juste en me demandant pourquoi je ne peux pas TOUJOURS avoir une salle des mariages comme celle-là.

Je vous laisse avec deux-trois images, mais c’est surtout pour admirer les skills incroyables d’actrices de mes camarades.

Y en a au moins une qui bosse. Et une qui met son bras pour être dans la photo quand même).

Là-haut le sycomore dort

Nos petits tests terminés, nous courons dans la forêt juste à côté du chalet : il faut repérer quelques petits spots pour notre shooting de l’après-midi (eh oui, on a programmé des trucs. Mais ça, c’est le prochain post).

Je mets cette photo-là juste parce que j’avais oublié les mots « d’un pas conquérant » dans mon post précédent.

Comme la veille, nous constatons rapidement que TOUT nous plaît, et que ce ne sera pas un problème de trouver des options de cadre.

(Non, rien.)

Encore une fois, il devient clair que les repérages ne sont pas toujours une étape sine qua none… Et que si nous sommes photographes de mariage, c’est justement parce que nous aimons être capables de nous adapter directement à une situation donnée, et non pas arriver dans un endroit où tout a été réglé au millimètre.

Ici, ce qui fera peut-être la différence, c’est la lumière. Finalement, le repérage du décor n’est rien si on ne réfléchit pas à la lumière : que ce soit conscient ou non, c’est avec elle que nous composons en priorité, normalement. Le soleil tape très très fort, il est encore zénithal à cette heure : on sait que ça signifie que les conditions de prise de vue seront plus exigeantes que la veille, que tout sera moins versatile… Mais ça signifie aussi qu’on pourra avoir de très beaux jeux de lumière, et ça c’est plutôt cool.

Jugez plutôt :

On tombe assez vite d’accord sur le fait qu’on veut tout capturer. C’est un tout petit morceau de forêt, mais je sens bien qu’on pourrait y passer trois ou quatre jours sans problème (spoiler alert : en plus de cet après-midi là, on y passera une autre demi-journée le lendemain…). Et quelque part, c’est rassurant de se dire qu’il est si facile de se trouver un vrai terrain de jeu.

Et qu’on trouve même des trucs plus ou moins chelous par terre :

La personne qui me dit ce qu’est ce truc gagne au moins toute mon admiration. Minimum.
Les petites zones de neige, les grands arbres, les feuilles mortes, les cabanes, le Mont Blanc qui se détache à travers le feuillage, les reflets bleutés et les lueurs orangées… Ah, ça va être un sacré après-midi (spoiler alert : bah ouais carrément).

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Cette entrée a été publiée le 24 avril 2017 à 2:21 . Elle est classée dans "Digression / - Gression !", Dans la rue, Et sinon, j'ai instagram, Expérimentations techniques, Sur les routes et taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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