Le Petit Laboratoire

Francetvinfos et le (non-) métier de photographe

EDIT : Devant l’affluence des commentaires qui réinterprètent mes propos et y lisent ce qu’ils ont envie d’y lire – y compris si c’est aberrant – je ne réponds plus à ce qui m’est soumis ci-dessous, sauf exception.

Normalement j’utilise ce blog pour dire « hihi, j’ai fait des photos, regardez ! » ou à la limite « je me suis fendue d’un petit texte, dites donc »…

Cette fois, je serai (presque) hors-sujet, parce que je suis un peu en colère. Ma timeline facebook m’a fait le plaisir, ce matin, de m’offrir cette bouse de reportage par Jihane Benzina : http://www.francetvinfo.fr/france/le-filon-juteux-de-la-photographie-amateur_838583.html

Soyons clairs, je trouve ça super que des amateurs fassent de la photo. Et nombre d’entre eux ont un niveau égal à celui de certains professionnels. Comme me l’a dit à plusieurs reprises mon ami Franck (excellent photographe amateur), la différence principale entre un amateur et un professionnel, c’est l’obligation de résultat du second. J’y ajouterai la nuance chère à mon amie Maroussia Podkosova (qui, elle, est pro) : un photographe est quelqu’un qui vit de ses images.

Voilà, après cette précaution nécessaire, je réaffirme donc : je n’ai rien contre la photo amateur, au contraire je trouve ça plutôt cool que ça existe et je ne peux que comprendre tous ces gens qui aiment faire des images. Par contre, je suis persuadée qu’il existe une frontière entre amateurs et professionnels. Cette frontière réside dans un véritable choix de vie. Etre photographe professionnel, ça signifie ne jamais reposer l’appareil. Même quand je n’ai pas mon réflex sur moi, mes yeux travaillent en permanence. Je me nourris d’images, d’inspirations, j’essaie d’apprendre toujours pour m’améliorer encore et encore. Rien d’exceptionnel : la photographie est mon métier, j’ai le devoir de me former continuellement. Etre photographe professionnel, ça signifie aussi accepter la précarité, ne pas compter ses heures, traiter de la paperasse complètement obscure, s’habituer à l’incertitude des lendemains… Et parfois, faire face à la dévaluation et/ou la non-reconnaissance de son travail. Oui, tout cela fait partie de la vie de photographe, et c’est un tout à embrasser.

Alors, quand le service public fait l’apologie de l’utilisation d’images amateur dans un cadre commercial sans rémunération, à des heures de grande écoute, ben en fait ça me révolte. Du coup, je beugle ici, notamment parce que le site de France Tv infos modère mes commentaires. Visiblement, l’argumentation, ils n’aiment pas trop ça.

Pourquoi est-ce que je suis à ce point en colère ? On pourrait croire que le reportage se contente de rapporter un phénomène, sans prendre parti. Mais c’est faux, et France TV contribue à relayer plusieurs mythes dangereux :

Photographe ne serait pas un vrai métier… et donc ce travail ne nécessiterait pas de réelle rémunération.

EDIT : Je vois fleurir sur le net une accusation encore plus grave, qui est celle de « travail dissimulé ». Me Joëlle Verbrugge, du blog Droit et Photographie, renvoie ainsi au Code du Travail à ce sujet.

Ben oui, le reportage se conclut même par la présentation d’un internaute turc qui « vit carrément de ses photos ! ». Ah ben oui, dites donc, carrément. Genre, le mec demande à être payé pour son travail, c’est vraiment un truc de dingue. On remarquera quand même qu’on a été obligé de trouver un exemple en Turquie, c’est pas la porte à côté, c’est vrai qu’on n’a pas de photographes qui vivent de leur métier en France… A l’inverse, on voit que les autres photographes cités se font payer « en petits cadeaux », ouf. Laissez-moi vous dire que j’ai hâte de pouvoir payer mon loyer en petits cadeaux, je vais de ce pas apporter un jambon à mon agence immobilière. Là, je fais des blagues, mais en fait, j’ai les boules. Parce que ce reportage ne survient pas dans un contexte neutre : la concurrence des amateurs qui cassent les prix (quand ils se font payer, CQFD) est déjà un réel problème pour les pros… Sans compter que la prolifération de fauxtographes contribue à déséduquer le regard et à baisser l’exigence de qualité photographique (Admirez cette transition habile vers le paragraphe suivant).

N’importe qui avec un appareil photo OU MEME un smartphone pourrait faire des photos rivalisant avec celles des professionnels

Ce qui revient à ignorer des années de pratique, d’expérience, de technique, d’exercice de l’oeil et j’en passe… Je n’irai pas parler de sensibilité artistique parce que je n’ai pas à juger celle des amateurs (évidemment, il y a de tout), je dis simplement qu’une photo d’iphone ou d’appareil mal maîtrisé n’a rien (mais alors RIEN) à voir avec une photo pro. Je n’évoque même pas la question de la qualité purement technique des fichiers obtenus…Allez faire une affiche avec une photo d’iphone, vous me raconterez. Je trouve ça fou qu’on en soit encore à répéter ça : faire une photo, ce n’est pas appuyer sur un bouton. Ça me défrise totalement que ce reportage présente tout ça comme une solution de facilité. Le reportage commence par la phrase : « Et si votre album de famille tapait dans l’oeil du monde entier ? ». Comme ça, par hasard, comme un coup de poker ? Eh ben non, désolée, ce genre de choses ne risque pas d’arriver, parce qu’un album de famille lambda, par définition, n’a aucune vocation artistique.

– La photographie n’est pas un art.

C’est le corollaire de ma démonstration précédente. Ben oui : s’il suffit d’appuyer sur un bouton, que n’importe qui peut le faire, que votre album de famille peut devenir culte, la photographie n’est plus un art. Je pourrais refaire tout un paragraphe sur l’idée qu’ajouter un filtre instagram n’est pas produire une retouche de qualité, mais bon, hein, on va dire qu’on se comprend. Vous remarquerez d’ailleurs que le reportage ne présente pas comme des artistes les « photographes » cités, qui sont d’abord valorisés en fonction de leur nombre de followers. Quelle jolie image d’une gloire en carton. C’est une belle vision de la photographie, hein, ça fait envie ? Pas étonnant à partir de là que le simple fait de voir son nom cité ressemble à un super bon plan… (Oui je suis super en forme sur mes transitions aujourd’hui).

La mention légale (citation du nom de l’auteur de l’image) serait un « échange de bons procédés »… Alors que c’est en réalité  une obligation dictée par la loi (Loi N°92-597 du 1er Juillet 1992) !

EDIT : Me Joëlle Verbrugge, du blog Droit et Photographie, m’indique que c’est l’art.L121-1 du CPI qui oblige à mentionner le nom de l’auteur.

C’est une question de propriété intellectuelle, pour laquelle de nombreux auteurs se battent tous les jours. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dû expliquer ce concept de base à des clients qui étaient persuadés que ce serait me faire une fleur incroyable que d’indiquer mon copyright sous une de mes photos… Si vous voulez devenir incollable sur le sujet, vous pouvez aller voir là. J’ajouterai aussi que dans le cadre de l’Europe, le droit d’auteur tel qu’on le connaît en France est de plus en plus menacé. Le SNAC (Syndicat National des Auteurs Compositeurs) a d’ailleurs lancé l’alerte. Bref. Ce reportage véhicule une erreur lourde de conséquences sur la conception du droit d’auteur et contribue à une désinformation globale dans un contexte déjà pas joyeux.

Très clairement, un autre son de cloche de la part des professionnels, des syndicats de photographes (c’est quand même pas très compliqué de contacter l’UPP) aurait été le bienvenu. Je crois même que ça aurait pu constituer une preuve d’honnêteté intellectuelle.

Merci d’avoir lu, n’hésitez pas à partager, parce que là j’ai un peu envie de dire merde. Allez, je le dis : merde.

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Cette entrée a été publiée le 3 mars 2015 à 2:34 . Elle est classée dans "Digression / - Gression !" et taguée , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

108 réflexions sur “Francetvinfos et le (non-) métier de photographe

Navigation des commentaires

  1. 100% d’accord

  2. Tout à fait d’accord avec toi, étant pro (enfin, quand on me paye …) je voit parfaitement où se trouve le problème de ce genre de flash TV, et de la situation actuelle de la photographie.

  3. Le , joseph a dit:

    bien dit 😉
    mais bon, ça n’est pas non plus une nouveauté de trouver les reportages de la télé affligeants…
    ça n’interdit pas de s’en émouvoir et de pester contre, surtout quand ça vient du « service public ».
    bon courage aux pros, parce que pas mal de boîtes à l’esprit parasite ont malheureusement compris qu’exploiter les amateurs rapporte gros (et c’est pas nouveau nouveau non plus, mais on ne va pas discuter de ça ici, le problème est plus général !).

  4. Le Monde a parlé de ce reportage et cité ce blog :
    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/reactions/2015/03/10/un-reportage-de-france-2-declenche-la-colere-parmi-les-photographes_4588338_3236.html

    Ne lisez pas les commentaires si ne vous ne voulez pas vous énerver.

    • Le , Chris a dit:

      ouais, ben le Monde ferait aussi bien de balayer devant sa porte… et voir ce qui se passe avec le Huffington Post à la française… au sein de son propre groupe de presse.

      Voir ou revoir ici mon gros coup de gueule sur FB (public) :

      ça a pas mal bardé ensuite, le Canard Enchaîné en a fait un papier la semaine dernière. Mais le journaliste est passé à côté du sujet de fond. .

      • J’avais lu le coup de gueule.
        Maintenant, faut pas trop en demander aux journalistes du Monde, ni même aux autres j’en ai bien peur.

  5. Le , Bernard Menez a dit:

    Ouais c’est une sale histoire, ceci dit, lorsque je vois le travail de mes amis photographes PRO et celui que peut faire un amateur, je me fais moins de soucis. Exemple : demandez à un sympathique amateur plein de bonne volonté et équipé de son joli smartphone de prendre une bouteille de vin en photo, et ben la je rigole, je me marre. Oui, c’est un métier, et selon moi, aucun amateur n’aura la capacité à pouvoir fournir un contenu aussi efficace qu’un pro.
    La ou c’est effectivement un problème, c’est lorsque des grandes marques cautionnent le travail « amateur » et subtilisent le pain de la bouche de nos amis qui paient leurs chargent (lourdes) à la fin du mois.
    Etant graphiste de profession, je suis confronté au même problème. La démocratisation des logiciels et ordinateurs de maison puissants ont rendu le métier « à la portée de tous ».
    La ou je suis rassuré, c’est quand je vois le résultat final. Et mes VRAIS clients, ne s’y trompent pas. Les gens qui paient en cadeaux ou avec de l’air, c’est pas ma cible 🙂
    Bonne journée

  6. Complètement révolté contre ce système, j’ai appris la photo à l’époque de l’argentique, à l’époque ou les entreprises faisaient appels à des agences de com qui faisaient bosser les studios de production publicitaire, et donc les photographes !! chacun son métier ! aujourd’hui, ce métier est tiré vers le bas, le système là complètement affaibli.
    les entreprises organisent des concours pour récupérer des images quand ils ne font pas bosser un employé, ou quand les banques d’images n’ont pas de quoi les nourrir à 1€.
    Photographe c’est mon métier, c’est ma vie, et non ce métier n’est pas à la porté de tous !!! faire des images, avoir une vision de photographe celà demande un minimum de technique, un minimum d’inspiration et une putain de vocation !
    les amateurs qui se font liker par dizaine de milliers leurs images de smartphones sont juste des pions d’une industrie qui n’apporte aucune gratifications à leurs « talents », ils jouent les alchimiste de la popularité des réseaux pour les transformer en clients.
    La France était…un pays ou le droit d’auteur semblait être respecté….
    Comment des « journalistes » ont pu laisser passer un reportage comme ça…
    désespérant…

  7. J’ai partagé, je suis graphiste et c’est aussi un combat. Et il faut en plus surveiller qu’on ne vous « emprunte » pas vos images par « inadvertance » parce qu’on trouve sur le net est gratuit bien évidement !

  8. On échange vos photos contre un voyage ou des échantillons ? … C’est juste du travail dissimulé…

    • Le , Chris a dit:

      Ha non ce n’est pas du travail dissimulé c’est possible mais A CONDITION DE DECLARER les AVANTAGES EN NATURE…
      Et tu parles, Charles, qu’ils les déclarent, bien sûr….

  9. Le , Marie Tchin a dit:

    Je suis photographe amateur et j’ai un compte Instagram sur lequel jusqu’à présent j’avais beaucoup de plaisir à poster mes photos prises au smartphone ou non. C’est moins vrai depuis tout ce mélange de genre. Je suis très sensible à vos arguments et je partage votre avis sur la question. Chacun à sa place.

    • Dommage que ce type de problématique agisse sur votre plaisir du partage de la photo… Je ne pense pas que ce soit l’objectif de cet article que de culpabiliser les amateurs.
      Le monde de la photo vit aussi grâce à eux.

  10. Pingback: Un reportage de France 2 met les photographes en colère

  11. France info fait fort sur se coup, donc je prépare un métier qui va disparaitre accuse des entreprise qui ne sont pas capable de comprendre la différence entre amateur et pro pour un rien. C’est fun de savoir que quand je suis en cours mes prof on rien a m’apprendre hein! je pense que mes parents ne se saignerais pas comme sa si il fallait juste appuyer sur un bouton pour faire des photos correcte. Et les amateur a qui on propose d’utiliser leur images ferais bien de se renseigner sur le droit et tous qui va avec au passage.

  12. Chloé,

    Sur la partie concurrence déloyale de CERTAINS amateurs… je suis d’accord.

    Néanmoins, il ne fallait pas se lancer dans des critiques avec des généralisations sur l’ensemble des amateurs et la qualité de ce qu’ils font. C’est une erreur et c’est hors sujet. Il y a du tout chez les amateurs et chez les pros aussi – du bon et du mauvais.

    Il faut que le respect soit réciproque.

    P.S. :
    1 .Je suis un photographe amateur
    2. J’ai beaucoup apprecié ton post sur les photos que tu prends des gens.

    • Mais je ne vois pas où je généralise sur la qualité de ce que font les amateurs… C’est lire un peu vite que me faire ce procès-là !

      CQFD :
      « Soyons clairs, je trouve ça super que des amateurs fassent de la photo. Et nombre d’entre eux ont un niveau égal à celui de certains professionnels. Comme me l’a dit à plusieurs reprises mon ami Franck (excellent photographe amateur), la différence principale entre un amateur et un professionnel, c’est l’obligation de résultat du second. J’y ajouterai la nuance chère à mon amie Maroussia Podkosova (qui, elle, est pro) : un photographe est quelqu’un qui vit de ses images. »

      • Mais non, Chloé ! Ton amie se trompe : un photographe est quelqu’un qui fait des images. Un photographe professionnel est celui qui vit de ses images.

        Le professionnel a une obligation de résultats envers les autres. Un amateur a une obligation de résultat envers soi même. Ton ami, Franck, sera surement d’accord avec moi.

        Regardez à nouveaux ton post. Il y a un certain nombre de généralisations, même avec.cette petite phrase. Et dans les commentaires aussi, mais là, ce n’est pas de ta faute.

        Allez, bon dimanche !!! 😉

  13. Excellent article (que je n’hésite pas à partager comme tu le proposes du coup, merci !). je suis moi-même illustrateur, graphiste et photographe, mon expérience est hélas très proche de celle de personnes sur cette page.

  14. Il y a une autre différence de taille entre pro et amateur, qui, certes, découle un peu de l’exigence de résultat : Le pro travaille plus que régulièrement avec des délais stupides (genre pour hier), dans des environnements souvent impropres à la photographie, dans le respect d’un cahier des charges établi par des gens qui ont rarement une idée de la réalité de la photographie :

    « vous me ferez les 42 portraits de mon personnel dans le cagibi de la société. 20 minutes, ça vous suffit ? Ah oui au fait, si vous pouviez laisser les fichiers en sortant, merci. Je vous paie dans 3 mois ça vous va ? »

    Un professionnel tente rarement de faire la plus belle photo du monde, il tente avant tout de faire la meilleure photo possible dans les conditions imposées.

    En cela, l’amateur, qui n’a ni l’expérience, ni les workflow, ni la connaissance requise, n’est absolument pas un concurrent potentiel pour un professionnel. Bcp de fauxtographes se targuent de pouvoir faire les mêmes photos que les pros mais une fois mis dans des conditions professionnelles, le résultat est juste m*rdique, à la hauteur de leur compétence réelle.

    • Je pense qu’il ne faut pas mélanger le choses.

      Le problème est que certains amateurs marchent sur les platebandes des professionnels et font de la concurrence déloyale dans un domaine qui est saturé et difficile. Et sur ce point, les professionnels ont parfaitement raison de râler.

      Par contre, il ne faut pas parler de qualité ou de connaissances photographiques. On peut citer plein d »exemples de bons et mauvais cas des deux cotés. Ce n’est pas pour autant qu’il faut généraliser.

      Je pense que pb des photographes professionnels est aussi leur nombre. Il est fort probable qu’il y en a trop dans une profession où, il n’y a pas de pré-requis de formation pour l’exercer. On trouve, par exemple, des reconvertis qui ont laissé une autre profession, ont suivi un stage d’un ou deux jours chez Nikon et se lancent comme professionnels.

      Juste pour contrer quelques commentaires que j’ai vu avant…

      Les fabricants d’appareil photo (Nikon, Canon, …) font tout pour faire croire qu’il suffit d’avoir un bon appareil pour faire des bonnes photos. Ce sont les amateurs qui croient à ça qui font de la concurrent aux professionnels.

      Un amateur n’a pas de contrainte, comme les professionnels et Yann le dit bien. Par contre, il a une grande liberté de création qui peut faire qu’il peut créer des photos de grand qualité. Mais la, on n’est pas dans le cadre des 42 portraits commandés par un industiriel, cités par Yann, mais de la photo d’art.

      Quand je parle de « photo d’art », il ne faut pas confondre non plus. Il ne s’agit pas de la qualité technique mais du message transmis. Regardez, par exemple, les photos de Nan Goldin ou Sophie Calle. Mais ce n’est pas non plus le n’importe quoi fait par certains « artistes contemporains ».

      Bref, il y a un certain malaise entre photographes professionnels, à cause de certains amateurs trop indélicats et de certains professionnels trop arrogants, dans un marché difficile.

      Ce n’est pas pour autant qu’il faut déclarer la guerre entre professionnels et amateurs.

      En tant qu’amateur qui ne gagne pas un sou avec la photo, qui aime faire de la photo et qui ne s’estime pas un mauvais photographe, cette gueguerre me gêne.

      • Je pense qu’il faut se décomplexer un peu et dire, sans en tirer une règle universelle, qu’une personne qui passe 8 à 16 heures par jour à exercer sa profession est probablement plus compétente qu’une personne qui fait un peu de photo chaque semaine. C’est valable pour tout corps de métier, pourquoi pas en photo ?

        Je parle de professionnels, ayant une véritable formation, pas de la personne ayant eu un reflex à noël, formée sur youtube au mauvais goût facebook, qui s’autoproclame photographe et qui sature effectivement la profession.

        Plus que d’amateur, je parle de fauxtographes.

        Et j’affirme, sans arrogance aucune, qu’un amateur, en photo d’artisan, ne peut pas être un concurrent pour le pro en ce sens qu’il n’a ni l’expérience, ni les flux de travail pour répondre avec efficacité aux conditions de travail stupides qu’on doit régulièrement se farcir. Mais cela, il faut être professionnel pour en mesurer la réalité.

        Je crois fermement à la fois, que ce n’est pas le statut qui fait le photographe, j’admire le travail d’amateurs. Et je les envie aussi ; j’aimerais avoir une semaine pour faire et retoucher UNE photo, il n’est pas compliqué de faire bien dès lors qu’on a du temps. Ce qui peut donner le sentiment aux plus arrogants des amateurs qu’ils font « aussi bien qu’un pro » sans en connaître la réalité.

  15. Pingback: Revue de Web de la Photographie, Mars 2015

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