Le Petit Laboratoire

Séance photo mode pour Madmoizelle et Monshowroom, LE RETOUR !

Salut salut, joyeux Noël. Bien mangé, bien digéré ?
Tant mieux, allons-y !
Chose promise, chose dute, voici donc le second post backstage de la séance photo pour Monshowroom et Madmoizelle, avec Sophie Riche alias Sophie-Pierre Pernaut et Marion Seclin.
Si vous avez raté la première partie du backstage, ça se passe là. Et sinon, ça tombe bien que vous soyez dans le coin, puisque la deuxième (et dernière, tristesse) est maintenant en ligne ici même.
Vous pouvez aussi aller regarder les photos de la séance ici (pour les combis dans la cage d’escalier) et là (pour les jupes dans la rue et en studio). Et puis pendant que vous y êtes, vous pouvez glousser comme moi devant le making-of vidéo de la séance photo. Voilà, maintenant, passons aux conseils de Tata Chloé.
madmoizelle-jupe-web-15
Je commence ce second post par une – nouvelle – exhortation à repasser vos fringues. Sérieusement. Moi aussi je déteste le faire, dans la vie, mais pour une séance photo c’est vraiment obligatoire… Même si là, comme ça, ça vous paraît très bien.
C’est peut-être parce qu’on s’est habitués à voir des photos de mode toutes lisses et toutes propres que c’est aussi dérangeant de remarquer des faux plis sur une image, alors qu’en vrai on s’en fout un peu.
Par contre, si vous avez un peu merdé sur ce coup-là, pas de panique ! De la patience, l’outil pansement de photoshop (ou correction des défauts dans lightroom), et on finit par y arriver. Et, toujours si vous êtes sur lightroom, l’outil « adoucir la peau », appliqué au pinceau, est absolument magique. J’irais jusqu’à dire qu’il retouche bien mieux les plis que la peau, même.
madmoizelle-jupe-web-36
Bref, après ce petit laïus formidable, on continue sur « les trucs auxquels il faut penser », avec une règle qui, selon moi, aurait dû être gravée sur les tables de la loi (ou devrait au moins rentrer dans l’entraînement de tout bon jedi) : « ton modèle à l’aise tu mettras ». Le confort de la personne qui pose est absolument prioritaire sur TOUT.
Je ne dis pas que les modèles sont des stars au-dessus du commun des mortels, qu’il faut les nourrir uniquement de petits nuages sucrés ou saupoudrer le sol de pétales de fleurs sur leur passage… Mais tout simplement que l’inconfort de vos modèles apparaîtra – le cas échéant – nécessairement sur les photos. Et quand bien même vous shooteriez un expert en dissimulation d’émotions, merde, on n’est pas des monstres.
Donc d’abord, ne soyez pas avare en nourriture (mais alors vraiment pas. Parce qu’en fait, on dirait pas, mais ça creuse de poser… Et de faire des photos aussi, d’ailleurs) et en boisson. Non-alcoolisée de préférence, parce que l’alcool, ça fait gonfler, ça transforme la peau en carton ondulé et ça rend bête. D’ailleurs, on évite aussi la veille au soir, si on veut épargner la personne chargée du make-up et ne pas ressembler à un petit raton-laveur bouffi. Et on se couche tôt, et on dort bien, et on se fait pas les boutons, et on ne se met rien d’abrasif sur la peau (non, pas d’éponge double-face) et on ne s’épile pas les sourcils (fallait y penser avant).
backstage-madmoizelle-aprem-web-1
Et, dans le cas présent, couvrez vos modèles ! Un shooting en fin d’automne/en hiver est toujours une espèce de pari ambitieux. A vous de recréer un peu de chaleur ! Si, en studio, les lumières font aussi office de radiateurs de l’enfer (enfin pas chez moi, j’ai pété les lampes pilote de mes flashs), en extérieur (ou dans tout endroit sans électricité), il faut amener vous même de quoi réchauffer les modèles. En l’occurrence, ici, des plaids formidables.
Si on ne veille pas au confort des modèles, ça donne quoi ? En dehors du fait que c’est pas cool, des petits détails que vous ne verrez pas forcément à la prise de vue risquent de gâcher les photos… Des yeux moins pétillants, un corps tendu, des mâchoires crispées… Autant de micro-signes qui communiquent une ambiance pas top et procurent un ressenti désagréable. Vraiment : si votre modèle ne se sent pas super bien, n’insistez pas pour « avoir » votre image et cherchez plutôt un moyen de résoudre le problème.
madmoizelle-jupe-web-28
Et ces remarques sont aussi valables pour ce qui est de l’art de la pose. Tout comme en danse (mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres), la fausse facilité, l’impression d’aisance contribuent à créer la beauté du geste. Si votre modèle n’est pas à l’aise dans une position, prenez votre temps, et dites-lui de chercher une posture proche qui lui sera naturelle et confortable. Vous pourrez ensuite, éventuellement, retravailler deux ou trois détails à partir de cette pose.
Les détails, parlons-en ! Quels sont les éléments principaux auxquels il faut faire attention ? J’en dénombrerais trois :
– La région épaules/cou
– La mâchoire
– Les mains
Ces zones sont de formidables vecteurs d’expression qui, mal utilisés, peuvent véhiculer une impression de tension ou de malaise. Mais chacune de ces parties du corps, si elle est positionnée d’une certaine manière, peut également sublimer l’image.
– Il ne faut pas hésiter à casser (NON PAS POUR DE VRAI, REPOSE CETTE BATTE IMMEDIATEMENT !) la ligne des épaules pour ajouter du mouvement dans l’image, et allonger le cou au passage. C’est gracieux et dynamique, c’est cool.
– Il faut détendre la mâchoire : des maxillaires serrées donnent une horrible impression de « ah dis donc ça va pas super, et j’ai très très hâte que ça soit terminé ». L’idée, c’est – en gros – d’avoir la mâchoire détendue mais la bouche à peu près fermée, ou juste entrouverte. Je vous jure, c’est faisable.
– Quant aux mains, il faut veiller à ce qu’elles ne se cramponnent pas (pareil, le message que ça renvoie est quand même pas formidable). Il vaut mieux les détendre et, éventuellement, les intégrer à la composition.
Autre truc à garder en tête en matière de pose : ce qui est loin de l’objectif apparaît plus petit. Ben oui, les règles de la perspective, tout ça. Donc, si vous devez poser et que vos hanches vous complexent (Ceci est un exemple totalement au hasard, me regardez pas, ça m’est pas arrivé, c’est, euh, une copine de ma cousine, qui, euh aaah…), pensez à vous cambrer vers l’arrière et paf, elles s’effaceront. Trop magique la vie.
Et si malgré tout ça, la pose paraît horriblement banale ou super figée, il reste toujours la solution d’y ajouter du mouvement.
Sur la photo ci-dessus, j’ai demandé à Marion de tourner sur elle-même, parce que ça permettait de mettre en valeur la coupe de la jupe, très propice à gonfler, tournoyer, et avoir l’air trop chouette-façon c’est la fête. On avait d’ailleurs tenté la même en sautant, et c’était beaucoup moins joli (le tissu se ramassait sur lui-même comme un petit parachute en pleine perte de ses moyens. Ce qui est normal vu que c’est une jupe, et pas un parachute justement. CQFD).
madmoizelle-jupe-web-7
Une autre solution pour créer des poses graphiques et parfois plutôt étonnantes, est de demander au modèle de passer d’une position à l’autre (par exemple « passe ton poids de la jambe gauche à la jambe droite » ou « ressens une brusque envie de te gratter le coude droit avec le gros orteil gauche ») et de photographier la transition entre les deux poses. Ici, j’ai demandé à Sophie d’enlever sa veste à un seul bras. Eh ben c’est pas facile (surtout quand on a des ballons dans les cheveux et qu’on lutte contre leur attraction surpuissante), mais le résultat me plaît bien.
Et pourquoi il me plaît bien, tiens ? Ben principalement parce qu’il créée une diagonale manche-cheveux-oeil (le regard la prolonge, d’ailleurs), qui dynamise l’image. Quand une photo ne marche pas MAIS QUE PRESQUE SI D’ABORD, chercher à y générer des diagonales peut être une bonne solution pour trouver une composition satisfaisante. Sophie, si tu me lis : tu fais super bien la diagonale, merci.
backstage-madmoizelle-aprem-web-2
Et puis au bout d’un moment, on a décidé qu’on avait vraiment trop froid, alors on est parties se faire un ciné shooter en studio dans les locaux de Madmoizelle.
J’ai ramené mes petits flashs et mon fond noir, et j’ai tout installé. Je trouvais que je manquais de détails sur le t-shirt et les chaussures de Marion, et on a donc fait quelques portraits pour rattraper ça.
Tu veux les voir ? Ben c’est pas ma faute, hein, je t’avais dit de cliquer ici...
backstage-madmoizelle-aprem-web-4
Si tu as effectivement cliqué ici, tu as pu constater que ces portraits ont un rendu très classique. Mais comment on fait ça ?
– Avec un fond noir tendu sur un porte-fond (beh oui).
– Avec un flash (j’ai clippé un diffuseur dessus pour atténuer son intensité) en lumière de contre, c’est-à-dire vers le fond, sur ma gauche, dirigé pour rapporter un peu de lumière sur les cheveux de Marion et le contour de son visage, à contre-jour, et sur une intensité un peu plus forte que ma lumière principale (histoire que ça se détache bien).
– Avec un autre flash, donc, comme source principale, sur lequel j’ai monté une boîte à lumière de type strip (toute en longueur). Je l’ai placée très près du visage de Marion pour que la lumière soit très très douce et se dépose bien partout.
– Avec des réflecteurs noirs des deux côtés du visage, le plus près possible. En coupant la lumière, ils permettent d’ombrer le contour du visage et ainsi de lui ramener du relief et du contraste, soulignant les pommettes et affinant globalement l’image.
madmoizelle-jupe-web-33
Bon, normalement j’avais décidé de ne mettre que des photos backstage et pas d’images de la sélection finale, mais j’ai jamais dit « fontaine je ne boirai pas de ton eau », du coup ça va.
Donc on continue pour les petits geeks de la lumière. Sur cette image là, j’ai dégagé le fond (on s’en fiche, mais bon), et aussi la source secondaire, parce que je ne voulais pas de lumière de contre.
L’idée étant d’obtenir une ambiance façon « série policière comme on en fait beaucoup trop en France », j’avais besoin d’une lumière dirigée et contrastée, tout en gardant la douceur sur les visages.
J’ai donc couplé deux trucs :
– La boîte à lumière pour la douceur (mais placée plus loin cette fois-ci, logistique oblige).
– Du cinefoil (espèce d’alu noir qui fait un bruit atroce quand on le déplie), clippé sur la boîte à lumière avec des pinces, pour créer des volets qui redirigent la lumière (Sur ce principe, un peu, sauf que j’ai pas assez de sous pour avoir plein de matos, alors je bricole comme une nulle).
Et paf, ça a fait des chocapics.
On a terminé sur quelques photos sur le canapé, et ça m’arrange parce que j’ai une photo de la configuration. Il faut juste m’imaginer à la place de la chaise derrière (le truc avec des signes géométriques), en train de tenir de gros réflecteurs argentés pour déboucher les ombres (seulement pour les photos vues de haut). Et le gros machin noir à droite, c’est la boîte à lumière.
backstage-madmoizelle-aprem-web-last
 Le dernier machin dont je voulais parler, c’est de l’importance de déléguer. Sur un shooting comme celui-là, il y a souvent beaucoup de monde. N’hésitez pas à leur demander de l’aide, si cela peut permettre aux photos de gagner en qualité.
Ce qui me permet, également, de procéder à mes remerciements :
– Merci à toute l’équipe de Madmoizelle (et Fab en particulier) parce que tout le monde est trop chouette. Et merci à Monshowroom aussi, parce que tout le monde m’a fait confiance et que j’ai été extrêmement libre dans mes choix. Et ça, c’est super rare, il faut le savoir.
– Merci à Sophie Riche et à Marion Seclin qui ont bravé le froid et qui ont compris mes instructions bizarres et qui ont été super de manière générale et pis c’est tout.
– Merci à Christelle et Lucie pour l’organisation, la présence, la communication, le port de ballons, le port de lapins et poussins mécaniques, l’intendance taxis…
– Merci à Léa et Mélanie qui ont fait une chouette vidéo et qui ont eu plein d’idées cools pendant le shooting.
– Merci à Agathe Angeli pour le make-up/coiffure formidablissime et pour avoir lu à voix haute le truc qui fait hurler de rire Marion et Sophie sur l’image en une de  ce post.
– Merci à Marion Dunyach pour m’avoir assistée tout l’après-midi avec plein de bonne humeur et tout et tout.
– Merci à Cy, sorte de super-héroïne du ballon.
– Merci à mes parents, sans qui rien… Ok, ok, je m’arrête là. Des bisous, et à l’année prochaine.
Publicités
Cette entrée a été publiée le 25 décembre 2014 à 10:24 . Elle est classée dans "Digression / - Gression !", Commandes, Dans la rue, Expérimentations techniques, Les feux de la rampe, Portraits et taguée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

2 réflexions sur “Séance photo mode pour Madmoizelle et Monshowroom, LE RETOUR !

  1. Merci pour toutes tes explications ! J’ai appris plein plein de trucs. J’ai bien ri sur l’anecdote du repassage, étudiante, j’ai pas de fer à repasser et souvent je zappe cette étape et quand ma mère voit les photos elle me dit « Les faux plis, il y a pleinnnn de pliiiis » [ton paniqué] ^-^
    J’ai aucune formation en photo, je fais tout en free lance et du coup, c’était cool de lire ton article parce qu’il y avait des choses que j’avais remarquées et que t’explique et du coup ça fait sens. Bref, petit blog qui va dans mes favoris !
    Bises de la Comtesse

  2. C’est très intéressant de voir l’envers du décor, tous ces petits trucs auxquels on ne pense pas, mais qui se remarqueraient par leur absence… (je vais m’arrêter là, les phrases se structurent difficilement après les fêtes.)

Un truc à dire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :