Le Petit Laboratoire

Vis ma vie de photographe de mariage : étape 1, les préparatifs.

(NOTE : J’ai pris le parti de ne montrer que des photos inédites dans cet article. Vous pouvez voir mon portfolio mariage ici, puis ici, et enfin ici.)

(NOTE BIS : Oh, au fait, je suis super contente, The Bride Next Door parle de mon travail sur le mariage de Carole et Simon ici.)

***

Alors oui, je suis aussi photographe de mariage.

Si pour vous, ça signifie « faire la photo de Tata Simone qui pose fièrement avec les mariés sur les marches de la mairie » ou « porter un sac très lourd et une veste à poches »… Eh bien vous n’êtes pas complètement dans le faux, mais vous occultez quand même une grande partie du métier. Lisez-moi, vous allez voir, ça va être cool.

Si vous êtes déjà au courant de tout ça, lisez-moi quand même parce que ça me fait plaisir.

Et si ça vous embête de lire, vous n’avez qu’à regarder les images.

(Note (oui, encore) : j’avais commencé à rédiger l’article en mettant « ils/elles » systématiquement, mais ça alourdissait considérablement les phrases. Faites comme si j’avais pris les précautions d’usage, du coup. Mon coeur est en réalité rempli de précautions d’usage.)

vismavie-1-introÊtre photographe de mariage, c’est d’abord recevoir un mail de deux inconnus qui vous annoncent qu’ils s’aiment et qu’ils pourraient bien vous choisir pour en porter un témoignage à travers vos images. Après quelques rencontres, coups de téléphone, questions et arrangements logistiques, la date fatidique se rapproche. Le moment de dire à vos potes d’un air important : « Pas ce week-end, je travaille ».

La veille, des heures de vérifications en tout genre : la préparation du matériel, point par point, la check-list parcourue et re-parcourue (et re re re…), les cartes mémoire vidées, les optiques nettoyées, les batteries chargées, les chargeurs empaquetés, les flashs testés et re-testés… On rouvre trois fois le sac photo, on tente différentes configurations de rangement, on déplace les petits compartiments à scratch pour bien caler les objectifs, et aussi parce que c’est rigolo (je crois que je vais faire un post sur ce sac photo, il est merveilleusissime).

On relit le déroulé de la journée, on se projette, on imagine, on anticipe les retards, les conditions de lumière, les instants de grâce… On stresse, un peu. Tout en sachant que rien ne ressemblera jamais vraiment à ce que l’on a préparé dans sa tête.

Et c’est ça qui est bien.

vismavie-1-maquillage1(Photo prise à La Poudrerie, à Rennes)

Si les mariés optent pour la formule complète, la journée commence souvent à l’aube. Après une nuit que l’on a voulue longue et réparatrice, on file rejoindre la mariée. En train, en métro, en rer, en voiture (et parfois tout ça à la fois)… L’occasion de vérifier qu’on connaît bien le programme de la journée par coeur, au milieu des familles qui partent en week-end, des étudiants qui rentrent chez leurs parents, voire des invités de la noce (j’ai une pensée émue pour cette amie de la mariée qui a fait tomber deux fois de suite sa robe sur les rails du métro. Good game !). C’est généralement le moment où, la musique dans les oreilles, regardant le paysage défiler par la fenêtre et pensant à la journée qui m’attend, je me dis que je fais un bien chouette métier.

vismavie-1-maquillage2La mariée se fait coiffer et maquiller à domicile ou en salon, selon les cas. Ce qui, étrangement, ne change pas grand chose : il se crée autour d’elle une sorte de bulle de bienveillance et de douceur. C’est l’un des moments que je préfère dans les mariages : dans son immobilité forcée, la mariée prend souvent le temps de se recentrer sur elle-même, d’installer une sérénité douce face à la journée à venir. J’imagine bien que le papouillage généralisé aide grandement. Quoiqu’il en soit, durant ce moment, on voit souvent passer sur le visage de la future mariée grand nombre d’émotions extrêmement touchantes. Quelque chose est à l’oeuvre, c’est indéniable. La jeune femme arrive le visage nu, les cheveux libres et souvent emmitouflée dans une chemise volée au futur époux (il faut pouvoir se changer sans abîmer ni la coiffure ni le maquillage) ; et elle repart métamorphosée, devenue madame déjà, dans les circonvolutions des cheveux et la poudre qui irise la peau. Pour moi, c’est ici qu’il y a passage de relais. Je ne considère pas que la féminité soit esclave de l’apparat, mais j’ai l’intuition que cette étape constitue un rituel aussi intime qu’ancien.

vismavie-1-prepamarie1Du côté du marié, les préparatifs semblent bien plus légers… En termes d’images aussi, donc ! [Mention spéciale, cependant, pour Laurent, qui m’a donné rendez-vous vendredi dernier chez un barbier (images à venir)]. Mais ce n’est pas pour autant que ce passage doit être négligé. Quelques photos fortes peuvent symboliser cette étape : le marié qui se rase, qui lace ses chaussures, qui noue son noeud papillon ou sa cravate (souvent bien moins simple qu’il n’y paraît… On remerciera bien fort google et la 3G pour tous les mariés en détresse qu’ils ont pu sauver par leur action conjointe.)

vismavie-1-prerobeMais avouons-le, sur le plan des préparatifs, la mariée a un avantage sur le marié : celui de la robe. Etape éminemment photogénique et privilégiée, l’enfilage de la robe est toujours un moment magique… et drôle. On verrait mal le marié se faire immortaliser en train de mettre son costume, mais pour la robe, c’est un passage quasi-obligé.

vismavie-1-robe1L’enfilage de la robe, c’est un petit peu comme le lever du roi : un moment où seuls les plus privilégiés peuvent pénétrer dans la chambre à coucher. Les témoins fille, et les garçons « mais attends regarde pas là, chuis à moitié toute nue », attends, attends voilà c’est bon. »

Le petit détail mignon qui dédramatise un peu : non, la robe ne se ferme jamais du premier coup. Qu’on l’ait choisie un poil trop petite (« ça m’incitera à maigrir »), que le couturier ait privilégié l’esthétique au détriment du pratique, que le mode d’emploi tienne sur huit feuillets A3, c’est un fait : une robe de mariée, c’est monstrueusement compliqué à attacher. Les assistantes ne sont jamais de trop pour (rayer la mention inutile) : serrer le corset comme des brutes, maintenir les passants des boutons avec une fourchette (véridique), se retourner un ongle, encourager la mariée, démêler les attaches du jupon, se retourner un deuxième ongle, décrocher le bout de tulle qui s’est pris dans un talon, assurer que non ça n’est pas déchiré tout va bien, et encourager la mariée à nouveau… Pour finir par un tonitruant : « Haaaaaan t’es magnifique. »vismavie-1-robebis

De ce combat épique et haut en couleur, le photographe ne gardera que des images délicates, auréolées de pureté, de complicité et de douceur. Avec deux trois éclats de rire dans le lot quand même.

vismavie-1-robe3Bon, nos deux mariés sont tout pimpants, et on n’en est qu’au tout début de la journée et j’ai déjà tartiné un gros pavé. J’ai donc sagement décidé de diviser ce formidable « Vis ma vie » en plusieurs parties.

Je sais bien que l’attente sera insupportable. Mais soyez forts. Bisous.

vismavie-1-conclu

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Cette entrée a été publiée le 31 mai 2013 à 3:08 . Elle est classée dans "Digression / - Gression !", Commandes, Mariages et taguée , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

8 réflexions sur “Vis ma vie de photographe de mariage : étape 1, les préparatifs.

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  2. Je dirais bien : « Si un jour je me marie, je voudrai que ta pâte soit sur mes photos » mais non, je voudrai pas que tu travailles ce jour là 😀

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